Après Altran, on veut croire aux lendemains qui chantent chez ADL
Trois semaines après la reprise d’ADL par ses associés, en interne on veut croire à la croissance de l’activité, malgré un contexte difficile. Celle-ci passera par le savoir-faire historique, l'acquisition de nouveaux clients et des rachats.
Le 2 janvier dernier, il en était fini des noces entre le leader de l’ingénierie française, Altran, et Arthur D Little. François Valraud, l'actuel directeur général des opérations (COO) d'ADL, nous a accordé une interview.
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Entre Altran et ADL, la mayonnaise n'a pas pris. La "remarquable complémentarité de l’offre, tant au niveau géographique que sectoriel" qu'annonçait en 2002 Frédéric Bonan, le PDG d’Altran à l’époque, ne s'est pas matérialisée.
"Altran n’a pas interféré dans notre activité. Nous avons essayé, sur quelques dossiers ponctuels, de travailler ensemble mais quand vous avez 8000 ingénieurs et 250 commerciaux d’un côté, et une cinquantaine de consultants et quelques partners de l’autre, il est impossible de mettre en place quelque chose qui fonctionne. Par ailleurs, dans le secteur du conseil, on ne transfère pas les dossiers. La relation personnalisée aux clients et la confidentialité sont des valeurs cardinales. C’est pourquoi notre collaboration n’a jamais été très importante", explique François Valraud (Centrale Nantes, MIT) dans une interview accordée à Consultor.fr. Il est le directeur général des opérations d’ADL et membre de Partnership 1886, la société des associés qui reprend 100% des actifs du cabinet.
Ces derniers ont été cédés par Altran entre 13 et 20 millions d’euros, fonction de la vitesse à laquelle les nouveaux propriétaires parviennent à payer. Selon le quotidien les Echos, un premier chèque de 2,5 millions d’euros a été fait à la signature, un autre doit suivre en avril. A cela s’ajoute une facilité de 15 millions d’euros mise à disposition des nouveaux propriétaires par Altran jusqu’en 2015, au cas où la trésorerie serait à sec. "On va tout faire pour ne pas y faire appel", dit à ce sujet François Valraud.
L’équation apparaît donc difficile : retrouver de la croissance alors que le chiffre d’affaires est passé de 173 millions euros en 2008 à 106 en 2009 et 112 en 2010, et dégager une marge bénéficiaire tout en épongeant le rachat. "Nous avons fait progresser notre activité de 50% entre 2005 et 2008, mais il est vrai que nous avons été fortement touchés par la crise", pondère François Valraud qui se veut optimiste pour l’avenir du cabinet, sous la houlette de son nouveau CEO Ignacio Garcia Alves.
Et de pointer du doigt le chiffre d’affaires de 2011, en croissance, qui tournera autour de 120 millions d’euros, dit-il sans en préciser le montant exact. A partir de l'année prochaine, l’entreprise ne sera plus tenue de le publier maintenant qu’elle s’est libérée de la propriété d’une entreprise cotée. L’un des menus avantages du rachat : "être de nouveau un partnership, au même titre que presque tous nos concurrents, favorise beaucoup l’attractivité de nos recrutements". Note de l'Auteur : parmi les grands cabinets seul Olivier Wyman n'est pas un partenariat.
"La croissance organique ne suffira pas"
Pour lui, la situation n’est pas alarmante, mais requiert de la prudence. « Nous avons quelques nouveaux clients, et nous nous félicitons d’avoir du backlog dans plusieurs de nos bureaux et sur plusieurs mois déjà. On va cependant faire attention, personne ne sait ce qu’il peut se passer dans les mois à venir » dit-il.
Pas de grosses nouveautés cependant mais un cœur de métier, dans le lien entre stratégie, technologie et innovation, dont le cabinet veut promouvoir la valeur ajoutée bec et ongles. "C’est une pratique que nous avons enrichie pendant des années, et dans laquelle nous pouvons faire valoir un savoir-faire très significatif, notamment dans des secteurs techno-intensifs tels que l’automobile, les telecom / media, la chimie, l’énergie, la santé, le transport", dit à ce sujet François Valraud.
"La croissance organique ne suffira pas. Nous envisageons des rapprochements sous diverses formes pour minimiser le risque", ajoute-t-il cependant, sans vouloir bien sûr détailler.
Et en interne, raconte-t-il, l’ambiance de travail serait au beau fixe : "Depuis le 2 janvier, nous avons travaillé en équipe à la bonne réalisation du rachat, mais aussi à l’élaboration d’une vision commune et d’un modèle économique viable pour tous les partenaires".
Un réseau de partenaires dont Altran n’est plus. La nouvelle direction, emmenée par Philippe Salle et une kyrielle de nouveaux, ne veut pas commenter la pertinence de décisions prises par l’ancien management et renvoie aux nouvelles pistes déclarées de croissance.
Benjamin Polle pour Consultor, portail du conseil en stratégie- 27/01/2012
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