Lutte contre l'immigration illégale : McKinsey dans le viseur aux États-Unis
Réduire les dépenses de nourriture et de soins des personnes détenues, encourager la sélection de centres de détention privés moins coûteux et a priori moins qualitatifs, travailler au durcissement de la lutte contre l'immigration illégale voulu par Donald Trump à son arrivée au pouvoir : telles sont les nouvelles allégations parues dans la presse concernant la mission de deux ans effectuée par McKinsey au sein de l'agence fédérale chargée d'arrêter et de renvoyer vers leur pays d'origine les personnes migrant illégalement sur le territoire des États-Unis.

Ces éléments émanent de 1 500 documents inédits de cette mission (voir ici les documents concernant le travail de McKinsey à l'Immigration and Customs Enforcement (ICE), et là ceux ayant trait à sa mission pour la Customs and Border Protection (CBP)) obtenus et publiés par le site d'enquête américain ProPublica ainsi que par le New York Times. Cette mission et son caractère très polémique furent l'un des premiers incendies à éteindre pour Kevin Sneader peu après sa prise de fonction à la tête de la firme. Il avait alors expliqué qu'à aucun moment au cours de cette mission le cabinet n'avait agi à rebours de ses valeurs éthiques.
Ce que dément la récente publication qui, le lendemain de sa parution, a été vertement contestée par McKinsey dans un communiqué de presse. Le cabinet y indique que sa mission au sein de l'ICE a duré entre mars 2016 et juin 2018. Elle a exclusivement porté, ajoute le cabinet, sur l'amélioration des processus de recrutement à l'ICE, dont McKinsey indique qu'ils duraient en moyenne entre 350 et 529 jours avant son intervention, les achats et l'organisation de l'agence. Nous n'avons pas recommandé de réduire la qualité des repas et des soins de santé des centres de rétention des personnes immigrées en attente d'expulsion, réagit aussi en substance McKinsey. Cette mission, répond enfin le cabinet, n'a pas changé d'objet après l'arrivée au pouvoir de Donald Trump.
Les États-Unis comptent chaque année entre 300 000 et 500 000 personnes immigrées placées en détention administrative avant leur expulsion du territoire américain. Ces personnes sont directement réparties dans des centres de détention gérés par l'ICE ou la CBP, une autre agence fédérale active sur ce sujet ou, à défaut, dans des prisons locales et dans des centres de détention privés.
D'ailleurs, écrivent le New York Times et ProPublica, le retrait de McKinsey des contrats avec l'ICE ne serait qu'une façade puisque la société américaine poursuit des missions de conseil auprès de la CBP, sur des sujets tout aussi épineux. Ce que, là aussi, McKinsey a nié dans son communiqué de presse.
Crédit photo : BBC World Service Otay Detention Center. Prise le 19 février 2014 CC BY-NC 2.0
Un tuyau intéressant à partager ?
Vous avez une information dont le monde devrait entendre parler ? Une rumeur de fusion en cours ? Nous voulons savoir !
commentaire (0)
Soyez le premier à réagir à cette information
Monde
- 18/02/25
Dans la capitale britannique, le BCG dispose de deux adresses. Le cabinet occupera désormais un étage supplémentaire au 80 Charlotte Street.
- 18/02/25
L’ancien CEO de Bain, Manny Maceda, succède à Orit Gadiesh, présidente depuis 1993.
- 14/02/25
Après l’annonce d’Accenture qui renonce à ses « objectifs de DEI », le patron Monde de McKinsey réaffirme son engagement en faveur de la diversité tout en jouant sur les mots.
- 11/02/25
Dès le lendemain de son investiture du 20 janvier 2025, le 47e président des États-Unis d’Amérique a annoncé que les pays européens (tout comme la Chine, le Canada et le Mexique) pourraient être soumis à des droits de douane, déclarant ainsi : « L’Union européenne est très mauvaise pour nous. Ils nous traitent très mal. Ils ne prennent pas nos voitures ou nos produits agricoles. En fait, ils ne prennent pas grand-chose, donc ils sont bons pour nos droits de douane. »
- 06/02/25
Au 4e trimestre 2024, le chiffre d’affaires du cabinet a atteint 954 millions de dollars, soit son meilleur CA trimestriel depuis 2010.
- 03/02/25
Le géant du conseil US a mandaté Ardea Partners pour opérer une revue stratégique de MIO Partners, le fonds qui gère les investissements privés des anciens associés de McKinsey et de ses actuels dirigeants.
- 23/01/25
D’après la plainte d’une « ex-future » partner du Boston Consulting Group, sa trajectoire fast-tracked aurait été brutalement interrompue à la suite d’une réunion concernant des faits de discrimination raciale au bureau de L.A.
- 22/01/25
C’est une particularité dans le monde du conseil en stratégie : le cabinet Simon-Kucher s’est doté à trois reprises dans son histoire d’un copilotage au niveau mondial. En ce mois de janvier, le Dr Gunnar Clausen et Joerg Kruetten prennent le lead.
- 22/01/25
McKinsey, BCG, Bain & Company, Oliver Wyman... Ces cabinets internationaux de conseil en stratégie ont fait de l’ESG un levier majeur de leur stratégie business et marque. Avec de substantiels rapports annuels ESG à la clef. En annonçant avoir réduit significativement leurs émissions de CO2, constituées à 75-80% par les voyages. Parallèlement, ils assurent « compenser » totalement leurs émissions dites résiduelles par l’achat de crédits carbone. Un sujet à controverse.