Première interview du nouveau patron de McKinsey
Bob Sternfels, qui avait été élu global managing partner de McKinsey en mars 2021 et qui a pris ses fonctions le 1er juillet, a accordé une première interview, à la presse allemande (à WirtschaftsWoche) le 8 octobre.
- McKinsey dans un numéro d’équilibriste sur sa politique DEI
- 2024 : pire année de promotion de partners chez McKinsey depuis longtemps
- La raréfaction des nominations de senior partners, un 'signal de crise' pour McKinsey ?
- « Reshaping McKinsey » : la stratégie de Bob Sternfels pour ouvrir une nouvelle page
- Une lettre anonyme sème le trouble chez McKinsey
- Bob Sternfels réélu à la tête de McKinsey sur le fil
- Un siège pour deux : ligne droite finale dans l’élection du patron monde de McKinsey
- McKinsey : la réélection du boss monde compromise, l’ex-patron France encore en lice

Premier objectif : aller de l’avant. « Là où des erreurs ont été faites, nous devons en tirer les enseignements, et nous le ferons », dit-il notamment au sujet du paiement d’une retentissante indemnité en réparation d’une décennie de conseils aux fabricants d’opioïdes (relire notre article).
Il se veut aussi confiant sur la poursuite de la croissance du cabinet, indépendamment des différents récents scandales qui ont émaillé ses derniers exercices.
« Je constate une croissance de la demande en direction de nos services de conseil. Cette année, nous souhaitons embaucher plus de nouveaux collègues que ce que nous n’avons jamais fait dans toute notre histoire », appuie-t-il.
Bob Sternfels reprend par ailleurs à son compte les règles de vérification de l’acceptabilité de nouvelles missions établies par son prédécesseur Kevin Sneader, le premier depuis un demi-siècle à ne pas être reconduit pour un second mandat et qui vient de partir pour Goldman Sachs.
Depuis décembre 2019, les risques associés à toute nouvelle mission, où qu’elle soit conduite, sur quel sujet que ce soit, qu’elle soit payée ou pro bono, sont passés au tamis d’un outil maison : le CITIO.
En bon français : Country, Institution, Topic, Individual et Operational, autant de dimensions que chaque partner est censé passer en revue avant de dire OK à un nouveau job de conseil. Avec revue de plusieurs centaines d’engagements par le comité risques maison (Client Service Risk Committee, dont l’ancien chef du bureau de Paris est le patron, relire notre article).
« Avec ce système préventif, nous sommes d’ores et déjà mieux préparés à faire face à des situations complexes, pour pouvoir prendre le cas échéant les bonnes décisions. Ceci dit, nous voulons continuer à nous améliorer sur ce point », indique Bob Sternfels à ce sujet.
Un système qui avait eu le don d’agacer nombre des 2 600 associés mondiaux de la firme qui sont attachés bec et ongles à leur périmètre de business (chacun génère en moyenne 4 millions de dollars du total des 10,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires estimé par Forbes en 2019).
Peut-être est-ce pour cela que Bob Sternfels prend soin de rappeler son attachement au modèle du partnership pour la poursuite du développement du cabinet ? D’ailleurs, prend-il soin de préciser : « Notre cabinet doit à l’avenir s’accrocher à son modèle de partnerhip. Si nous centralisions notre structure, nous deviendrions une grosse entreprise totalement classique. Notre partnership nous rend immédiatement reconnaissables. »
Autant dire que ceux des associés qui plaidaient pour une ouverture du capital à de nouveaux investisseurs comme gage de transparence n’auront a priori pas gain de cause.
Un tuyau intéressant à partager ?
Vous avez une information dont le monde devrait entendre parler ? Une rumeur de fusion en cours ? Nous voulons savoir !
commentaire (0)
Soyez le premier à réagir à cette information
Monde
- 02/04/25
Le cabinet vise en effet 2 milliards de dollars de conseil pro bono pour les 10 ans à venir. Bain accompagne notamment le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
- 27/03/25
Le chiffre d’affaires du cabinet a atteint 572 millions d’euros, en hausse de 6 %. Simon-Kucher célèbre cette année ses 40 ans.
- 13/03/25
Sur le site du BCG, la page « Diversity, Equity & Inclusion » n’existe plus dans sa configuration de 2024. Chantre de la DEI et de son conseil dédié, le cabinet pourrait-il y renoncer ?
- 12/03/25
C’est le cabinet d’avocats d’affaires Gleiss Lutz en charge de l’opération qui l’a révélé début mars.
- 07/03/25
L’acquisition d’ET Medialabs (ETML) vise l’Asie, une équipe « intégrée » McKinsey-ETML étant mise en place pour servir les opérations de marketing digital des clients du cabinet.
- 05/03/25
Simon-Kucher va aider le Fonds mondial pour la nature (WWF) dans sa quête de partenariats avec des entreprises en fournissant une expertise stratégique aux bureaux de l’ONG dans le monde entier.
- 04/03/25
Thomas Kœgler, 4 années passées chez Cylad, promu CEO d’Asmodee en août dernier, voit sa société faire son entrée au Nasdaq Stockholm, la principale bourse de valeurs des pays nordiques. Une société française spécialisée dans les jeux de société (re)connue notamment pour ses jeux vedettes : Les Aventuriers du Rail, Dixit, Splendor, ou encore 7 Wonders.
- 28/02/25
Pour Marcus Berret, l'un des trois patrons mondiaux de Roland Berger, « c’est le caractère qui crée l’impact » – et non l’appartenance culturelle ou le genre.
- 27/02/25
Olivier Asset, 36 ans, basé au bureau de Chicago de L.E.K. Consulting (quelque 150 consultants), membre de la practice Industrials, est promu partner, après y avoir évolué un peu plus de 12 ans. Il fait partie des 10 nouveaux associés du cabinet au niveau mondial à intégrer le partnership en ce début d’année (aucune promotion en France).